Les Key Risk Indicators appliqués au secteur Learning & Development

by Kluwer Learning Team

Oubliez les KPI (Key Performance Indicators). Les KRI sont beaucoup plus intéressants pour les professionnels du L&D, nous confie Thierry Delgutte. Les Key Risk Indicators, héritage de la crise bancaire, indiquent en effet si votre politique de formation est à l’épreuve du futur.

Tout investissement entraîne des risques. Et pour en dresser le bilan, le monde financier fait appel depuis la récente crise bancaire aux KRI : Key Risk Indicators. Les banques s’efforcent d’évaluer à l’avance les éléments qui pourraient entraver l’issue favorable d’une décision financière, telle que l’accord d’un emprunt. Les KRI sont intéressants dans la mesure où ils essaient de prédire l’avenir. Une démarche précieuse, si elle est entreprise dans les règles de l’art. Et pas seulement pour le circuit bancaire.

“Les professionnels des RH et du L&D peuvent eux aussi identifier des KRI dans leur secteur d’activités”, nous apprend Thierry Delgutte, formateur chez Kluwer. “Il s’agit d’identifier, au sein de l’organisation, des valeurs qui présentent un risque accru pour sa pérennité.”

 

Percée
L’inconvénient des KRI, c’est qu’ils peuvent être paralysants. “En voulant éviter tout risque, on n’entreprend finalement plus rien”, prévient Thierry Delgutte. “On peut comparer cela à notre économie : si tout le monde continue à épargner, elle ne se relèvera jamais. C’est pour cela que dans le monde bancaire, on a tendance à se détacher quelque peu de ces KRI.”

Il convient toutefois de nuancer : les KRI appliqués à l’univers des RH et du L&D n’ont pas encore véritablement percé. Avant d’y renoncer, ils doivent avoir l’occasion de prouver leur utilité. Si, selon Thierry Delgutte, les professionnels des RH ne sont pas très orientés KPI par nature – la mesure du ROI propre aux RH constitue traditionnellement un véritable casse-tête –, il estime néanmoins que les KRI présentent un certain potentiel pour le L&D.

 

Eye openers
“Sur le long terme, les KRI peuvent même s’avérer plus intéressants pour les professionnels du L&D que les KPI. Plutôt que de mesurer la performance, les KRI se penchent en effet sur les risques qui, à terme, peuvent être très négatifs pour une entreprise ou une organisation. Et il n’est pas nécessaire de mesurer à quel point. Il suffit de prendre connaissance de ces risques. Ils nous ouvrent en fait les yeux sur l’impact futur.”

Le L&D joue en ce sens un rôle de premier plan, parce qu’il est à la base de tout ce qui se passe dans une entreprise, précise Thierry Delgutte. “Recrutements, licenciements, changements de stratégie… Le L&D y joue toujours un rôle important. Lorsque des collaborateurs s’en vont, il faut généralement les remplacer, par des personnes qui doivent être formées. Et ainsi de suite.”

 

Tendances
Tout cela génère, pour les professionnels du L&D, une flopée d’indicateurs de risques qui, en définitive, se rapportent tous à la présence d’aptitudes requises dans une entreprise. “Un KRI peut se traduire par : le nombre de personnes occupant une fonction-clé qui prendront leur pension dans les trois années à venir, générant le risque de voir disparaître certaines compétences de l’organisation. Le responsable du L&D doit alors se demander à quel point ce savoir est indispensable, comment le remplacer, comment former d’autres collaborateurs…”

Les professionnels du L&D peuvent adopter une démarche ‘créative’ avec les KRI, suggère Thierry Delgutte. “Si l’on remarque que les collaborateurs ont tendance à ne pas suivre les formations auxquelles ils sont inscrits, on peut commencer à consigner des données à ce sujet. En adoptant systématiquement cette méthode, on dégagera un bilan de la discipline et de l’ambition avec lesquelles les collaborateurs suivent une formation. Sur le long terme, cette tendance peut s’avérer risquée. Chaque responsable du L&D peut ainsi formuler en KRI les menaces régnant au sein de son entreprise.”

 

 

Thierry Delgutte dispense les formations ‘Comptabilité et reporting RH en pratique’
et
‘MS Excel pour directeurs des RH’ chez Kluwer. Spécialisé dans les approches mathématiques en matière de politiques, il dirige l’entreprise de consultance IT ‘Intermotion Software & Training’.

 

 

Également intéressant pour vous