Don’t Light My Fire: les 6 étapes d’une bonne analyse des risques d’incendie

by Audrey Van den Bempt
Don’t Light My Fire: les 6 étapes d’une bonne analyse des risques d’incendie

En 2012, 542 incendies ont touché des entreprises en Belgique. Depuis, cette statistique est à la hausse. Dans notre pays, une entreprise sur six ne satisfait pas aux normes de prévention incendie. Dans ce cadre, on pense souvent aux locaux et à leurs équipements : y a-t-il suffisamment d’extincteurs, les portes coupe-feu sont-elles toujours fermées, les détecteurs de fumée sont-ils en règle ? « Pourtant, ce ne sont là pas les seuls facteurs de risque », souligne Marc Aspeslagh, gérant de Aspe Consulting et expert en protection incendie. « L’humain est lui aussi une source de risque importante. Et il est trop souvent sous-estimé dans la prévention des incendies. »

Portrait flatteur

Le comportement humain est d’ailleurs au cœur de l’arrêté royal de prévention des incendies. Mais comment en tenir compte dans l’analyse des risques ? Cet exercice d’évaluation des risques potentiels et des mesures pour les éviter exige rigueur, objectivité et esprit critique. Tout l’inverse, donc. « Dans les faits, nous minimisons et méconnaissons souvent la réalité de notre organisation », déclare Marc Aspeslagh. « Lors de l’analyse, nous présentons l’entreprise sous son meilleur jour : “Regardez un peu tous ces extincteurs !” Nous sous-estimons les conséquences prévisibles, alors que nous devrions considérer les comportements humains comme de possibles causes d’incendie. » La méthode d’analyse en six étapes (ou Six Steps Assessment Method) vous aide à mieux tenir compte de l’imprévisible.

Nous minimisons souvent les facteurs d’incendie potentiels.

La méthode d’analyse en six étapes

La méthode d’analyse en six étapes est un modèle d’analyse des risques d’incendie : identification, appréciation, application, évaluation, contrôle et suivi. Découvrez ces étapes et nos exemples ci-dessous.

1. Identification

Cette première étape pose déjà souvent problème. Les risques ne sont pas détectés, et ce n’est pourtant pas faute de regarder. Marc Aspeslagh cite l’exemple des escaliers de secours en métal. « Leurs grilles les rendent impraticables pour les personnes qui portent des talons aiguilles ou qui souffrent de vertige, ce qui complique fortement une évacuation en toute sécurité. »

2. Appréciation

Fondamentalement imprévisibles, les comportements humains sont difficiles à apprécier. Cela dit, vous pouvez toujours partir d’un principe en or : nous avons tendance à chercher la facilité, rappelle Marc Aspeslagh. « Combien de fois n’ai-je pas vu des portes coupe-feu bloquées en position ouverte ! », raconte-t-il. « Nous sommes tellement habitués aux statistiques et aux analyses élaborées que nous en oublions le facteur humain. » L’état des bâtiments et équipements ne fait pas tout. Toutes les personnes de l’entreprise sont responsables de la sécurité et doivent se demander « Comment éviter ce type de situation ? Comment adapter mon comportement et déceler ce qui ne va pas dans celui de mes collègues ? »

3. Application

Une caméra thermique est un outil très utile pour visualiser certains risques. Braquée sur une armoire électrique, elle vous permet de voir immédiatement les raccords dangereux, qui émettent de la chaleur. Vous pouvez alors en chercher la cause et intervenir sans délai.

4. Évaluation

Pour beaucoup de risques d’incendie, la cause est à chercher du côté d’un mauvais entretien du matériel. Vous n’avez toujours pas réparé le trou au plafond, faute de temps ? Sachez qu’en cas d’incendie, la chaleur s’échappera par cette ouverture et que les sprinklers ne se mettront pas en marche. Quand ils détecteront le problème, il sera déjà trop tard. « Ces situations sont particulièrement fréquentes », confirme Marc Aspeslagh. « Ces détails sont rarement une priorité. »

5. Contrôle

Assurez-vous que les équipements de prévention incendie actifs et passifs sont bien disponibles et en bon état. « Les outils de lutte contre les incendies l’emportent bien souvent sur les mesures de prévention pure », explique Marc Aspeslagh. Par ailleurs, il recommande de mieux former les responsables par des exercices pratiques. « Si le personnel ne s’essaye au maniage d’un extincteur qu’une fois tous les quatre ans, il risque évidemment de moins bien les maîtriser et de douter au moment fatidique. »

6. Suivi

L’excuse des services d’intervention incendie n’est plus recevable. L’ancien article 52 de l’arrêté royal de prévention des incendies, qui exigeait de consulter ces services pour toute mesure à prendre, a été abrogé. L’arrêté royal de 2014 précise que les pompiers ne sont plus tenus que de « sensibiliser, fournir des avis et contrôler ». L’entreprise est donc seule responsable du respect des dispositions de l’AR incendie. Le conseiller en prévention doit s’assurer d’évaluer correctement les risques et de prendre les mesures qui s’imposent. Après tout, les zones de secours ne sont pas au fait des spécificités et activités de l’entreprise.

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